Porte-Folio

Ce blog n’a qu’une prétention: me vendre. C’est normal je suis pigiste.

Posts Tagged ‘Société

Faites le dièse.

sans commentaires

Ironiques, grivois et festifs, les gaulois de la scène électro-pop québécoise Numéro# et Omnikrom seront en programme double chez Dagobert le 17 octobre prochain.


Fruit d’un assemblage fortuit entre la musique de Pierre Crube et les paroles de Jérôme Rocipon, L’Idéologie des stars n’a laissé personne indifférent. Récemment récompensé au GAMIQ, le duo Numéro# nous a offert l’an dernier un premier album moqueur qui se veut un vaudeville racontant boires et déboires de la société du spectacle, entre une réflexion sur la superficialité du show-business et le succès populaire de Chewing-gum fraise. Rocipon y va d’un slogan: “Numéro#, c’est très! Très gros contrastes, très gros mélange, très gros caractères. On se souhaite une très grosse carrière de 133 ans!” Nominé à l’ADISQ dans la catégorie Musique électronique, le duo célèbre tout juste sa première année de collaboration avec Saboteur Records, standard québécois de la musique urbaine. “Ça se passe très bien depuis le début. Il n’y a pas de gêne ou d’incitation à changer notre travail. C’est sans compromis”, commente le parolier et chanteur de la formation.Honoré par l’attention que lui porte l’industrie francophone, il n’est pas surprenant de retrouver Numéro# sur une compilation du label français Kitsune aux côtés de noms comme Boys Noize et Dragonette. Rocipon avoue qu’une carrière outre-mer a ses charmes mais que “percer le marché français, c’est plus difficile, plus délicat. Il faut y aller plus tranquillement et la quantité d’artistes qui s’y sont cassé les dents nous incite à la prudence”. Ceux qui iront rejoindre la sulfureuse Yelle sur une scène de Lyon espèrent bien que leurs complices Omnikrom les accompagneront l’année prochaine dans leurs aventures européennes.

À quand la grande percée québécoise? Il semble que le groupe était à la veille de mettre un pied dans la porte de la diffusion grand public. Un billet sur jaimenumero.com nous apprend qu’il devait jouer une version instrumentale de Chewing-gum fraise à la célébrissime Fureur, mais qu’on les aurait remerciés après avoir pris connaissance de la grivoiserie des paroles. Bon joueur, Rocipon commente: “Il faut se mettre à leur place, je comprends que c’est leur travail, mais cr… qu’ils sont frileux!”

Les lauréats du meilleur album électro du GAMIQ avouent avoir un rapport mitigé avec le monde du show-business. S’ils sont reconnaissants de l’appui populaire, ils restent tout de même incertains. “J’expérimente le spectacle professionnel, raconte le parolier. Les gens agissent bizarrement, un peu inconsciemment. Ils sont aimables et ils font la part des choses, mais ça reste un milieu très fermé. C’est tout un apprentissage.”

Cette ambivalence serait-elle une seconde nature? Le chanteur avoue avoir composé les paroles de L’Idéologie… alors qu’il avait des ambitions plus subversives. “J’étais dans une période d’introspection et de lecture. J’éprouvais de la fatigue et de la tristesse devant l’échec de la modernité et la fin du Siècle des lumières.” Tirant le titre de l’album du livre de Narcisse Girard, Rocipon s’étonne du mutisme des médias sur cette oeuvre capitale pour Numéro#. “C’est la première fois qu’on me pose la question, en fait! C’est de la fiction; Narcisse, c’est le nom de mon grand-père.” Le chanteur, qui a longtemps voulu être journaliste, n’a pas beaucoup de sympathie pour les chroniqueurs qui préfèrent se donner en spectacle plutôt que de l’informer: “C’est le fléau de notre époque! Cette diarrhée d’opinions est une véritable maladie et ces gens-là ont du pouvoir. C’est inquiétant.”

Leur complicité avec le trio Omnikrom ne date pas d’hier. Les deux formations semblent ne plus se quitter d’une semelle. “On se ressemble sur l’approche et sur le comment on perçoit la musique. On a une conception très plug and play, avouons-le, mais on ne peut pas nier que c’est dans l’air du temps. Il y a une différence dans le fond, mais dans la forme, les perspectives sont identiques. En spectacle, on ne fera pas de débat de société!”

LE SECRET EST DANS LA SAUCE

Omnikrom

Amateurs de poutine et amoureux du streetwear, les membres d’Omnikrom ont été sacrés lieutenants du hip-hop électronique au Québec. Accusé de puérilité, d’incitation au vice et même d’être la “fraude musicale de 2006″ par certains médias alternatifs, le trio de rappeurs ne s’en formalise pas. Laconique, Gabbo répond que “ce n’est pas grave, tu sais, l’humour, ça s’apprend”. Imitant l’extravagance et l’arrogance de ses cousins du sud, le groupe commet des frasques parfois mal reçues. “On apprécie la construction de personnages, l’ego trip, le bling, mais c’est une satire du rêve américain”, ce qui explique l’air caricatural des trois compagnons.La popularité grandissante du groupe est due en partie à sa collaboration avec les membres de Numéro# et ceux de TTC, qui lui prêtent leurs talents de rappeurs sur la très accrocheuse Danse la poutine, née d’une fin de soirée arrosée alors qu’ils étaient en tournée ensemble. En 2005, Jeanbart, autre ambassadeur québécois du hip-hop électronique, prédisait au Voir que “dans deux ans, tout le monde allait aimer Omnikrom“. Il a vu juste puisque, au grand dam de ses détracteurs, le trio vient tout juste d’apprendre sa nomination au Gala de l’ADISQ qui aura lieu le 28 octobre prochain. Il y a quelques semaines, il a également été lauréat de la catégorie du meilleur album hip-hop du GAMIQ. Gabbo souligne que Jeanbart, Figure8 et lui-même sont “super contents d’avoir remporté ce premier prix, et surtout très reconnaissants qu’une place soit donnée à la musique émergente et indépendante”.

Avis à ceux et celles qui les accueilleront au Dagobert le 17 octobre prochain, Linso Gabbo vous suggère de porter des “snickers blancs bien propres”, qui sont in, mais vous prévient que vous devriez vous garder de porter des “all over prints“, qui seraient out cette saison. Pour les autres fans intéressés à en savoir plus long sur les idées derrière le numéro, on vous invite à visiter Hystérie, fanzine auquel Rocipon a participé.

À écouter si vous aimez /
Yelle, Arvida Crew, TTC

Voir, 11 octobre et 5 novembre 2007.

Rédigé par Fred

mars 1, 2008 à 10:15

Publié dans Musique, Société

Tagged with , , , ,

Accords sains, esprits sains.

sans commentaires

Jeunes Musiciens du monde fête sa cinquième année d’existence. Après une ascension fulgurante, c’est l’heure des bilans pour l’organisme.


Si la politique vous déplaît, que les finances vous ennuient et que la fonte des glaciers vous laisse froid, vous pouvez toujours recycler votre envie de changer le monde en faisant de la musique! Vous n’avez qu’à suivre l’exemple des frères Mathieu et Blaise Fortier, cofondateurs de Jeunes Musiciens du monde (JMM), qui dirigent 220 jeunes et autant d’instruments dans trois écoles situées dans deux pays.Destiné à la promotion et à la survie de la musique traditionnelle, l’organisme s’adresse particulièrement aux jeunes de milieux populaires en leur offrant une formation musicale complète et gratuite. Avec son école en Inde, près du village de Kalkeri, JMM a acquis une solide expérience sur les relations interculturelles. On s’entretient avec les frères Fortier et Jorane, porte-parole de l’organisme.

De toutes les façons de sauver le monde, vous avez choisi la musique. Pourquoi?

Jorane: La musique, c’est une langue universelle, c’est toute une chance de pouvoir profiter de ce cadeau-là. Ce n’est pas en coulant tout le monde dans le même moule qu’on va pouvoir avoir quelque chose de fort. Au contraire, c’est en pouvant exposer leurs couleurs dans un langage qu’ils partagent que les gens arrivent à se repérer et à se définir.

Votre mandat concerne spécialement la musique traditionnelle du Québec et d’ailleurs. Pourquoi?

Jorane: C’est un fabuleux présent de mettre les jeunes en contact avec la musique traditionnelle. JMM leur offre, par la mélodie, un accès direct à leur identité.

Les Fortier: La musique, c’est une manifestation culturelle spontanée et quotidienne. La musique traditionnelle invite à se mêler au monde et à entrer en contact avec lui. C’est une célébration!

Vous vous êtes fait connaître très rapidement. Vous n’avez pas peur de perdre le contrôle? Que JMM devienne trop gros, trop vite?

Les Fortier: En fait, on n’a jamais eu de stratégie promotionnelle; on a pris le monde un peu par surprise. La notoriété de JMM est venue avec l’engouement immédiat des artistes. Ce qui serait triste, ce serait de perdre le contact avec nos élèves, les bénévoles et de devenir un genre de corpo…

Toutes vos activités sont gratuites et dépendent des deux spectacles que vous produisez. Est-ce que les musiciens qui y participent partagent votre vision du monde?

Jorane: J’ai rarement vu une aussi grande fraternité de culture entre musiciens que pendant ce spectacle-là. C’est une des plus grandes fêtes de la musique auxquelles j’ai participé! Il y a une complicité qu’on ne voit pas souvent ailleurs.

Les Fortier: Les musiciens ont une relation très personnelle avec la musique et ils savent tous l’importance qu’elle a eue dans leur vie. Que ce soit Yann Perreau, Ghislain Poirier, Tomás Jensen ou Les Batinses, ils partagent tous la même expérience, ils comprennent avec leurs tripes l’impact que ça peut avoir sur des jeunes de pouvoir suivre gratuitement des cours de chant, de violon ou de percussions.

Est-ce que ça représente bien l’ambiance qui règne dans les écoles de Jeunes Musiciens du monde?

Jorane: Oui, la musique unifie les artistes, les gens et les étudiants dans le spectacle, mais surtout dans tous les projets de JMM. Je pense qu’année après année, ceux qui ont commencé à donner à l’organisme vont continuer à le faire.

Les Fortier: On pense que les écoles répondent à un besoin communautaire et c’est contagieux. JMM, ce n’est pas juste un show de musique, c’est du monde qui se rassemble autour d’un intérêt commun.

Pour en savoir plus:
www.jeunesmusiciensdumonde.org

Voir, 8 novembre et 6 décembre 2007.

Rédigé par Fred

mars 1, 2008 à 10:09

Faire sa marque.

sans commentaires

Une armée de designers et de graphistes colore l’environnement urbain. Ils sont souvent dans l’ombre des événements dont ils font la promotion, aussi les voit-on sans les entendre.

 

Il semble qu’il y ait plus de produits à vendre que de place pour en faire la publicité. C’est ce qui explique la pagaille qui règne sur les colonnes Maurice, les poteaux de téléphone, les murs des terrains vagues et des salles de bain publiques, etc. L’espace urbain est devenu le lieu d’un débat où chaque produit cherche à attirer votre attention et à gagner votre vote. Dans l’arrondissement de La Cité, la publicité officielle nous laisse froids la plupart du temps et, paradoxalement, les graffitis nous plaisent parfois plus.Rencontré chez Platine, le disquaire souterrain de la rue Saint-Jean, Simon Sévigny, directeur artistique de la compagnie de design Cinquante-cinq, est branché à la fois sur le design urbain et sur la musique. “Mes deux grosses passions, c’est la musique et le design graphique. Je ne pourrais pas trouver quelque chose de mieux que de faire des flyers, des posters, des pochettes de disques. C’est la combinaison parfaite, le meilleur des deux mondes, et je voudrais en faire plus.” Il est l’artisan derrière les maquettes des albums de Pascale Picard et des Batinses, pour ne nommer que ceux-là. Avec l’augmentation des ventes en ligne, ne craint-il pas pour son boulot? “C’est triste, mais c’est vrai que les ventes de CD ont baissé, et donc la nécessité d’avoir des belles pochettes. Mais d’un autre côté, il y a de plus en plus de compagnies qui impriment des vinyles en ajoutant des cartes qui permettent de télécharger l’album en ligne gratuitement. Or, les pochettes grand format, ça offre beaucoup de possibilités. Je m’ennuie un peu du temps où on avait le souci d’acheter un bel objet autant qu’un bon disque.”

Sévigny s’inspire d’ailleurs de cette nostalgie en exploitant des thèmes plus anciens. “Je me sers beaucoup de textures, de vieilles illustrations que je réutilise dans un contexte plus moderne.” Le travail du designer conjugue un monde visuel d’époque avec celui plus moderne d’une communauté de consommateurs plus attirés vers la scène musicale indépendante et les tendances d’avant-garde qu’on identifie souvent aux hipsters. “Ce sont des gens qui sont ouverts sur le côté artistique, donc ils s’intéressent plus à ces choses-là, et je crois qu’ils vont faire eux-mêmes leurs recherches. Ils ont de l’intérêt pour l’objet ou pour le produit et ils vont le respecter pour ça.”

Malgré une popularité croissante, cette culture alternative reste souvent dans l’ombre d’une capitale vouée au tourisme et à la fonction publique, mais elle s’exprime toutefois à travers certains créateurs de la région. “Il y a plusieurs joueurs dans ce domaine-là. Par exemple, Transistor Design, Avive, Fokus et moi, on s’encourage tous ensemble. On collabore beaucoup et j’imagine que ça doit avoir un impact sur ce milieu-là.”

www.cinquante-cinq.ca

Voir, 28 février 2008.

Rédigé par Fred

mars 1, 2008 à 9:49

Publié dans Design, Société

Tagged with ,